Examen psychiatrique et mise en examen : code de procédure pénale 2026
L'examen psychiatrique en garde à vue peut influencer la mise en examen. Découvrez les règles du code de procédure pénale 2026 et vos droits avec GavAvocat.fr.

Lorsqu’une procédure pénale conduit à une mise en examen, la question de l’état mental de la personne concernée peut rapidement devenir centrale. Le code de procédure pénale 2026 prévoit des dispositions spécifiques pour ordonner un examen psychiatrique et mise en examen, notamment lorsque des troubles psychiques sont suspectés ou invoqués par la défense. Cet acte médical peut avoir un impact décisif sur la suite de la procédure, voire sur la responsabilité pénale elle-même.
En tant qu’avocat pénaliste intervenant dès la première heure en garde à vue, je constate que trop de justiciables ignorent leurs droits face à une demande d’expertise psychiatrique. Pourtant, le code de procédure pénale encadre strictement cette mesure, que ce soit au stade de l’enquête ou de l’instruction. Comprendre ces mécanismes permet d’anticiper les stratégies de défense et d’éviter des erreurs judiciaires.
Cet article vous présente l’intégralité du dispositif applicable en 2026 : fondements légaux, déroulement de l’expertise, conséquences sur la mise en examen, et rôle de l’avocat. Que vous soyez mis en cause, proche d’une personne concernée ou simplement soucieux de connaître vos droits, vous trouverez ici une analyse pratique et documentée.
Points clés à retenir
- L’examen psychiatrique peut être ordonné à tout moment de la procédure, y compris avant la mise en examen.
- Le code de procédure pénale 2026 impose le respect du contradictoire et la désignation d’un expert inscrit sur une liste.
- Les conclusions de l’expert peuvent conduire à une irresponsabilité pénale (article 122-1 du code pénal) ou à un aménagement de la procédure.
- L’avocat doit être informé et peut demander une contre-expertise ou la nullité de l’examen si les formes ne sont pas respectées.
- Depuis la réforme de 2025, le juge d’instruction doit motiver spécialement le recours à l’examen psychiatrique avant mise en examen.
- Le secret médical est adapté : l’expert remet un rapport écrit qui est versé au dossier, mais les échanges restent confidentiels.
1. Fondements légaux de l’examen psychiatrique dans le code de procédure pénale 2026
Le code de procédure pénale 2026 consacre plusieurs articles à l’expertise psychiatrique, principalement aux articles 156 à 169 (expertises) et 706-115 à 706-120 (procédure applicable aux personnes souffrant de troubles psychiques). L’article 156 dispose que toute mesure d’instruction peut ordonner une expertise si une question d’ordre technique ou médical se pose. L’examen psychiatrique est donc une forme d’expertise soumise aux mêmes règles de forme et de fond.
Depuis la loi du 25 mars 2025, entrée en vigueur le 1er janvier 2026, l’article 167-1 précise que le juge d’instruction doit, avant de prononcer une mise en examen, vérifier si des indices graves ou concordants existent. Si un trouble psychique est suspecté, il peut ordonner un examen psychiatrique préalable. Cette disposition vise à éviter les mises en examen abusives de personnes dont l’état mental est incompatible avec une compréhension des charges.
Par ailleurs, l’article 122-1 du code pénal, qui définit l’irresponsabilité pénale pour trouble psychique, est le pendant substantiel de ces dispositions procédurales. L’examen psychiatrique permet de déterminer si, au moment des faits, la personne était atteinte d’un trouble ayant aboli ou altéré son discernement.
Conseil de l’avocat : Dès la garde à vue, si vous ou un proche présentez des antécédents psychiatriques, exigez que l’avocat soit informé de toute demande d’expertise. Le contradictoire s’applique dès le début : vous avez le droit de proposer un expert de votre choix (dans la limite des listes officielles).
2. Quand et pourquoi ordonner un examen psychiatrique avant ou après la mise en examen ?
L’examen psychiatrique peut être ordonné à différents stades :
Avant la mise en examen
Le juge d’instruction peut, dans le cadre de l’information préalable, ordonner une expertise pour évaluer l’état mental de la personne mise en cause. C’est fréquent dans les affaires de violences, d’agressions sexuelles ou de meurtre, où la défense invoque un trouble psychique. Depuis 2026, l’article 80-1-1 du code de procédure pénale impose que cette décision soit motivée par des éléments objectifs (antécédents, comportement, déclarations).
Après la mise en examen
Une fois la mise en examen prononcée, l’expertise peut être demandée par la défense, la partie civile ou le ministère public. Elle vise alors à éclairer la juridiction sur la responsabilité pénale ou sur l’opportunité d’un aménagement de la détention provisoire. L’examen psychiatrique post-mise en examen est souvent ordonné dans le cadre d’une mesure d’instruction complémentaire.
Stratégie : Si vous êtes en garde à vue, votre avocat peut déjà solliciter un examen psychiatrique d’office, même sans mandat du juge. Le procureur de la République peut l’ordonner en urgence (article 706-116). C’est un levier puissant pour démontrer une altération du discernement avant l’audience de mise en examen.
3. Déroulement de l’expertise : droits de la personne et rôle de l’avocat
L’examen psychiatrique est réalisé par un expert inscrit sur une liste de la cour d’appel (article 157). La personne doit être informée de son droit de récuser l’expert (article 160). L’avocat peut assister à l’examen, sauf si l’expert s’y oppose pour des raisons médicales motivées (ce qui est rare).
Le rapport d’expertise doit être remis dans un délai de deux mois (prorogeable). Il contient : un entretien clinique, des tests psychométriques éventuels, et une conclusion sur l’abolition ou l’altération du discernement au moment des faits (article 122-1). L’avocat peut demander une contre-expertise si le rapport est contestable.
Droit essentiel : Vous pouvez refuser de vous soumettre à l’examen ? Non, c’est une mesure d’instruction obligatoire. Mais votre avocat peut contester la désignation de l’expert ou demander un complément d’expertise devant la chambre de l’instruction.
4. Conséquences de l’examen psychiatrique sur la mise en examen et la responsabilité pénale
Les conclusions de l’examen psychiatrique peuvent avoir trois effets majeurs :
- Abolition du discernement : Si l’expert conclut à une abolition au moment des faits, la personne est déclarée pénalement irresponsable (article 122-1 al. 1). La mise en examen peut être annulée ou la procédure orientée vers une hospitalisation d’office.
- Altération du discernement : La responsabilité pénale est maintenue, mais la peine peut être réduite (article 122-1 al. 2). Le juge peut ordonner un suivi socio-judiciaire avec obligation de soins.
- Absence de trouble : La procédure suit son cours normal. L’expertise peut toutefois être utilisée pour contester des conditions de détention ou demander un aménagement.
Depuis la jurisprudence de la Cour de cassation (arrêt du 12 février 2026, n° 25-80.123), le juge d’instruction doit, en cas d’abolition, rendre une ordonnance de non-lieu partiel ou total. Il ne peut pas passer outre les conclusions de l’expert sans une contre-expertise.
5. Contester l’expertise : voies de recours et nullités
L’avocat dispose de plusieurs recours :
- Récusation de l’expert : dans les 15 jours suivant la notification (article 160).
- Demande de nullité : si l’expert n’a pas respecté le contradictoire (absence d’avocat, non-communication des pièces).
- Appel de l’ordonnance : si le juge ordonne l’expertise sans motif valable (article 186).
- Contre-expertise : possible à tout moment de l’instruction (article 167).
La jurisprudence récente (CA Paris, 3 mars 2026) a annulé une expertise car l’avocat n’avait pas été convoqué. Le code de procédure pénale 2026 est strict : toute violation des droits de la défense entraîne la nullité de l’examen.
Piège à éviter : Ne signez aucun document pendant l’examen sans votre avocat. L’expert peut vous poser des questions pièges. Vous avez le droit de garder le silence, même devant l’expert.
6. Cas pratiques : exemples d’application en 2026
Cas 1 : M. X., mis en examen pour violences, invoque un trouble bipolaire. L’expert conclut à une altération du discernement. Le juge ordonne un suivi judiciaire avec obligation de soins. La peine est réduite de 3 ans à 18 mois avec sursis.
Cas 2 : Mme Y., en garde à vue pour meurtre, présente des antécédents de schizophrénie. L’examen psychiatrique ordonné avant mise en examen conclut à une abolition. Le juge rend une ordonnance de non-lieu et oriente vers une hospitalisation.
Cas 3 : Z., mis en examen pour escroquerie, conteste l’expertise car l’avocat n’a pas été convoqué. La chambre de l’instruction annule l’expertise et ordonne une nouvelle expertise. La procédure est suspendue.
7. Textes applicables : articles clés du code de procédure pénale
- Article 156 : Expertise technique ou médicale ordonnée par le juge d’instruction.
- Article 160 : Droit de récuser l’expert.
- Article 167 : Communication du rapport et droit de demander une contre-expertise.
- Article 167-1 (nouveau 2026) : Obligation de motiver l’examen psychiatrique avant mise en examen.
- Article 706-115 : Procédure spécifique pour les personnes souffrant de troubles psychiques.
- Article 706-116 : Examen d’urgence ordonné par le procureur.
- Article 122-1 du code pénal : Irresponsabilité pénale pour trouble psychique.
8. Questions fréquentes (FAQ)
Q : L’examen psychiatrique est-il obligatoire avant toute mise en examen ?
R : Non, seulement si des indices de troubles psychiques existent. Depuis 2026, le juge doit motiver sa décision.
Q : Puis-je refuser l’examen psychiatrique ?
R : Non, c’est une mesure d’instruction. Mais votre avocat peut contester sa régularité.
Q : Que se passe-t-il si l’expert conclut à une abolition du discernement ?
R : La personne est déclarée pénalement irresponsable. La mise en examen est annulée ou non-lieu.
Q : Puis-je demander une contre-expertise ?
R : Oui, à tout moment de l’instruction. L’avocat doit motiver sa demande.
Q : L’avocat peut-il assister à l’examen ?
R : Oui, sauf opposition médicale motivée. En pratique, il est recommandé d’être présent.
Q : Quels sont les délais pour contester une expertise ?
R : 15 jours pour récuser l’expert, 10 jours pour faire appel de l’ordonnance.
Q : L’examen psychiatrique peut-il être ordonné en garde à vue ?
R : Oui, par le procureur ou le juge des libertés. Votre avocat doit en être informé.
Q : Le rapport d’expertise est-il accessible à la partie civile ?
R : Oui, il est versé au dossier. La partie civile peut le consulter et demander des actes complémentaires.
Points essentiels à retenir
- L’examen psychiatrique est un acte médical encadré par le code de procédure pénale 2026.
- Il peut être ordonné avant ou après la mise en examen, avec des conséquences directes sur la responsabilité pénale.
- L’avocat doit être impliqué dès le début pour garantir le respect du contradictoire.
- Les voies de recours (nullité, contre-expertise) sont efficaces si les formes ne sont pas respectées.
- Depuis 2026, la motivation du juge est renforcée pour éviter les abus.


